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Biographie.

CLIO

Déjà Venise

« J’ai fait des tours autour de la maison, fumé beaucoup, mouillé mes joues, touché le fond, j’ai shooté dans tous les cailloux des environs, mais j’avais chaud dans ton blouson. »

Dans le clip de son nouveau single T’as Vu, Clio, 31 ans, use ses baskets sur le bitume en attendant qu’il veuille bien lui ouvrir la porte. Elle est partie, il est resté, il s’est inquiété, elle est rentrée : rien de grave. Elle plante ainsi le décor de son nouvel album à paraître début 2019, avec la malice et la tendresse d’un Souchon, la gravité et la candeur d’une Barbara. 

Clio raconte des histoires de couple, pas toujours heureuses, fugitives, où c’est elle souvent qui abandonne. « C’est assez représentatif de mon parcours sentimental » avoue-t- elle à demi-mot. Cette néo-Romy Schneider, en qui elle se fantasme dans la chanson Romy. S, a éprouvé quelques difficultés à sortir de son enfance joyeuse à Besançon : « devenir adulte me terrorisait » dit-elle. « C’est récent pour moi cette idée de construction ». Son histoire personnelle est pourtant plus douce qu’il n’y paraît. Elle tombait enceinte de son premier enfant en même temps que sortait son premier album en 2016 et elle donnera naissance à un deuxième au moment de la sortie de Déjà Venise. 

Si son goût pour l’écriture l’accompagne depuis son plus jeune âge, l’idée de se produire sur scène a mis du temps à germer dans sa tête : « J’ai toujours voulu écrire mais chanter, faire le spectacle, je n’aurais jamais parié dessus. » Elle monte sur scène pour la première fois en 2014 aux Trois Baudets et peu à peu, au fil des concerts, la scène lui semble de plus en plus accueillante et de moins en moins effrayante. « Et puis c’est une telle histoire d’avoir un bébé, tout le reste qui paraissait une montagne devient tout à coup secondaire. » Son petit garçon était là, minuscule dans les loges, accompagnant ses concerts en première partie de Gauvain Sers ou Thomas Dutronc, quelques semaines seulement après sa naissance, en février 2017. « Quand on fait une première partie, les gens ne viennent pas pour nous, il n’y a pas de pression », dit-elle. Cette grande timide devient une audacieuse, et se produit en solo dans de très grosses salles. 

« Sur le deuxième album, je n’avais pas envie de dépendre de qui que ce soit, c’est beaucoup plus moi, c’est évident », conclut-elle. Dès septembre 2016, elle se mettait en quête d’un réalisateur qui serait capable de rester fidèle à la direction de ses maquettes, écrites et composées au clavier puis bricolées avec le logiciel GarageBand. « Je voulais une équipe restreinte, qui soit capable de se plonger complètement dans le projet, qui s’investisse beaucoup sans prendre l’ascendant sur moi. » Son premier album a été enregistré en deux semaines. Pour celui-ci, les séances de studio se sont étalées sur une période d’un an et lui ont laissé le loisir d’essayer plein de choses, de revenir en arrière, de se tromper. De quoi évacuer sa frustration passée. 

Les réalisateurs Florian Monchatre et Augustin Parsy sont devenus ses collaborateurs bienveillants. Les claviers ont remplacé la guitare acoustique des débuts, qui n’a jamais eu sa préférence, et les boîtes à rythmes, les batteries, avec l’envie de revisiter le classicisme de la chanson française avec quelques accents électroniques, mates et organiques. Elle ne joue d’aucun instrument sur l’album (à l’exception d’un titre enregistré en clavier-voix) mais impose sa vision. Une instrumentation sobre et délicate au service de la langue. 

Son premier trésor.

  • CLIO – T’as vu