ÉVÈNEMENTSNEWS

Biographie.

Ceremonies est le second album de la fratrie Singtank. Alexandre et Joséphine de La Baume avaient déjà retenu l’attention du public avec leur premier album In Wonder en 2012, mais ce second album marque leur retour en force guidé par une puissante synergie en tant que songwriters. Ce nouvel album est un savant mélange de nouvelles approches dans l’enregistrement, d’expériences personnelles profondes et de titres qui vous accompagneront longtemps après les avoir écoutés.

De Lou Reed au hip-hop des années 90, de Nick Drake à Blade Runner , de Pulp aux Rita Mitsouko, cet album est influencé par les goûts éclectiques de Joséphine et Alexandre. ‘’Je suis toujours un peu frustré par les disques où tous les titres se ressemblent’’ dit-il.

Ce melting pot d’inspirations se reflète dans la diversité musicale de Ceremonies. L’album explore les boucles de batterie inspirées du hip-hop et emploie des synthés futuristes et crunchy, alors que le piano et la guitare – joués par Alexandre – apportent des éléments plus organiques. Le duo s’est intéressé à la façon dont les musiciens hip-hop et électro écrivent la musique mais a aussi utilisé le background instrumental d’Alexandre. ‘’On a beaucoup réfléchi aux lignes de batteries et aux progressions d’accords, mais on voulait que ça sonne aussi naturel que possible.”

Alors que In Wonder a été produit par Nellee Hooper et Alan O’Connell, le besoin d’un enregistrement plus organique a poussé le duo vers Samy Osta (Chromeo, La Femme, Jamaica) pour la production de Ceremonies. Alex et Jo disent avec enthousiasme : « Il a 32 ans, c’est un musicien brillant et un producteur plutôt expérimental, toujours partant pour essayer différentes nouvelles approches. On voulait vraiment trouver ‘’notre son’’, LE son qui collait à ces morceaux ; Samy travaille dans un vrai esprit de collaboration et sa méthode de production ‘’prends-ton-temps’’ était parfaite. On a travaillé avec lui pendant un long moment et on n’a pas commencé à enregistrer véritablement les morceaux avant d’être parfaitement satisfaits de la direction qu’on avait trouvé pour chacun d’eux. Plus d’un an s’est écoulé entre le premier jour de studio et le jour où le mixage de l’album a été terminé, mais ça ne nous a jamais paru fastidieux, parce qu’on s’entendait tellement bien musicalement et qu’on voulait juste parfaitement mettre le doigt sur ce qu’on avait en tête. Samy n’est jamais à court d’idées tant sur le plan musical que sur la production.’’

Une autre différence clé dans le second album de Singtank est la voix de Joséphine. Coachée par Osta, elle s’est entraîné à placer sa voix d’une façon nouvelle et ravissante: ‘’Il m’a fait chanter d’une façon dont j’ignorais pouvoir chanter, voilée et enfantine’’ explique-t-elle.

Restant en famille, le mari de Joséphine, Mark Ronson a fourni des arrangements additionnels au premier single issu de l’album Can You Hear Me. Joséphine ajoute : ‘’ C’est le morceau sur lequel on a passé le plus de temps, au bout d’un moment on était dans une impasse et on a ressenti le besoin d’avoir une oreille extérieure. On y était presque, mais pas tout à fait, quand nous l’avons apporté à Mark. Il a ajouté quelques astuces de productions et simplifié les arrangements, et cette chanson a finalement été l’occasion d’une jolie collaboration entre Samy, Singtank et Mark.’’

Le tout petit studio parisien où Alexandre et Joséphine ont enregistré a ajouté une dynamique particulière au projet.

‘’ Cela nous rendait dingue, mais c’était génial car on est entré en symbiose avec l’album’’. Et, plus important encore, ils se sont énormément rapprochés suite à de récentes épreuves de leur vie personnelle : l’un des meilleurs amis de Joséphine est décédé et Alexandre a traversé une rupture. Cela les a poussés à réfléchir au passé et à s’ouvrir comme ils ne l’avaient jamais fait auparavant.

C’était une expérience thérapeutique, faire de la musique ensemble leur a permis de communiquer de la seule façon qui leur était possible. En canalisant chacun leur énergie dans leur musique, ils ont éprouvé un sentiment d’appartenance. ‘’Si cela peut paraitre pesant, il y a en fait beaucoup d’espoir dans l’album’’, confie Joséphine qui s’est penchée sur leurs expériences personnelles au sein des textes de l’album.

Ayant grandi à Paris, Alex et Jo ont construit leur relation autour de la musique dès l’enfance. Très proches dans leur jeunesse, ils se sont un peu éloignés à l’adolescence mais ils « ont trouvé plus tard un moyen de communiquer à nouveau et apprendre à se connaître en écrivant et chantant des morceaux ensemble ».

Leur famille était très ouverte à la créativité. Leur père est critique et producteur de théâtre et leur mère, à la tête d’une fondation pour la jeunesse, est une grande amatrice d’arts et de littérature. Leurs parents écoutaient la musique tellement fort dans leur appartement que les murs tremblaient sous les vibrations d’un son ‘’extrêmement fort’’. De Chopin à Mahler, la maison était remplie de musique dramatique et intense. « Ils écoutaient de la musique classique comme on écoute du hard rock. » disent le frère et la sœur

Adolescent, Alexandre imitait son guitariste favori, Nick Drake, et a appris à jouer de chaque instrument en étudiant David Bowie, les Beatles et les Kinks. Pour l’univers visuel de cet album, la fratrie très cinéphile a été particulièrement inspirée par son amour du cinéma. Ils ont puisé leur inspiration dans Bladerunner de Ridley Scott et Chungking Express de Wong Kar Wai, 2 films qui ont particulièrement influencé leur sensibilité au thème de la solitude urbaine. ’’On voulait mettre en scène un monde futuriste, où l’urbain a pris le dessus, causant une grande solitude, mais ce n’est pas complètement négatif, c’est aussi romantique. C’est beau, mais réellement triste.’’ Une forte esthétique retro-futuriste était née.

Des morceaux comme FOMO et La Vie En Octets examinent de front le concept de la solitude urbaine et digitale. Le duo pensait à ce qui les attirait et ce qui les révoltait dans la vie moderne.’’FOMO » par exemple est à propos de la peur de ‘’passer à côté de quelque chose’’, cette incapacité à vivre le moment présent que beaucoup de jeunes de notre génération ressentent – ne sortir uniquement que pour pouvoir poster sur instragram à propos de cette sortie – et d’une certaine manière cette peur de s’engager dans quelque chose ou avec quelqu’un parce qu’il y a tellement d’autres options’’ nous explique Alexandre.

La Vie En Octets raconte l’histoire d’un homme kidnappé par son ordinateur, qui devient otage de sa vie virtuelle et qui tente de retrouver sa liberté. Ce titre prouve que même si l’album est né dans des circonstances personnelles particulières, des thèmes plus vastes sont explorés. Une chose qu’Alexandre admire à propos de Joséphine, c’est sa capacité à élargir les sujets. ‘’On traversait une vraie épreuve lors de l’écriture de cet album mais elle a trouvé un moyen de rendre cela universel’’

Ces expériences nourrissent et donnent une profondeur particulière à l’album, mais ce fut aussi une période cruciale pour la fratrie. ’’Quand tu écris des morceaux à propos de choses qui blessent ou de choses qui sont sincères ou personnelles et que tu les transformes en de petites histoires, cela devient une expérience agréable plutôt qu’une expérience difficile, et tu finis par trouver de la beauté là où te ne pensais pas que ce serait possible d’en trouver’’ nous dit Joséphine.

Alexandre a atteint un autre niveau dans son écriture, une puissance sonore plus mature ce qui vient compléter l’écriture et la détermination de sa sœur. ‘’Joséphine est très exigeante et elle ne se contente jamais de quelque chose si elle n’en est pas satisfaite à 100%’’ nous dit Alexandre. ’’Elle a une grande intuition en ce qui concerne la direction que les titres doivent prendre, ce qui manque, ce qui est trop mièvre, trop évident. C’est une excellente productrice ce qui est super- important. C’est la gardienne de l’âme de nos morceaux.’’

Des souvenirs doux-amers et des réflexions sur la perte de l’innocence aux morceaux sur la condition humaine en 2014, Singtank apporte leur énergie mystique au service de Ceremonies, créant quelque chose de beau à partir de blessures, un album de chansons pop prenantes et addictives, riches en profondeur et en texture.